Interview de A Smart World

Geoffroy Van Humbeeck est patron de A Smart World, une société wallonne qui rachète des smartphones et tablettes d’occasion et les remet en circulation de manière responsable. Vous pouvez aussi racheter un smartphone d’occasion parfaitement reconditionné issu de l’économie circulaire.

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Votre société ne se contente pas de collecter et de reconditionner des smartphones, vous vous assurez aussi de les remettre dans le circuit court.

En effet, on teste les appareils que nous collectons localement, on les remet à niveau, et on les remet en circulation localement, pour éviter les impacts négatifs d’un transport international. Autre chose : nous ne les remettons pas à neuf. Si la coque d’un smartphone est griffée, mais que l’impact est uniquement esthétique, nous n’allons pas remplacer cette coque pour éviter de participer à la fabrication de pièces détachées et à leur acheminement en Belgique.

Il y a l’impact négatif du transport des smartphones, il y a aussi l’impact de leur fabrication ?

On estime que 80% des émissions de CO2 de vente des smartphones sont liées à leur production. Si on achète un appareil récent et reconditionné, on économise donc déjà 80% de CO2. Si en plus on l’achète et on le vend en circuit court, cela diminue encore son empreinte écologique. Un smartphone neuf parcourt l’équivalent de 4 fois le tour du monde avant d’arriver chez le consommateur… Par circuit court, j’entends des ventes à des particuliers au sein de l’Union européenne afin d’assurer la meilleure traçabilité. Car si on revendait 100 appareils à une société, nous n’aurions aucune garantie qu’il ne va pas les revendre en ligne aux quatre coins du monde.

Le consommateur est-il réceptif à l’achat de smartphones de seconde main ?

Il y a des consommateurs qui auront toujours envie d’acheter les dernières nouveautés mais de plus de plus de clients se montrent sensibles au côté responsable de l’achat. Et puis beaucoup aussi sont sensibles au bon deal car cela coûte moins cher qu’un appareil neuf. Pour comparer des pommes avec des pommes, quand nous vendons un smartphone qui est encore sur le marché à l’état neuf, il est 30 à 40% moins cher tout en ayant une garantie d’un an. C’est un très bon deal.

Pour pouvoir vendre ces appareils, il faut d’abord les collecter, les acheter. Comment faites-vous ?

Le gros challenge c’est en effet la collecte. Les gens ont tendance à les laisser dans leur tiroir « au cas où », et les oublie. Le potentiel est gigantesque : on estime à 700 millions le nombre de smartphones qui « dorment » dans un tiroir en Europe, et à deux millions le nombre de smartphones utilisés en entreprise en Belgique et qui pourraient être reconditionnés. Comment se séparer de son smartphone ? Le réflexe est d’aller sur notre site web, de remplir le formulaire et demander une estimation de son appareil. Si l’estimation convient, le propriétaire reçoit un cols pré-payé et n’a plus qu’à y mettre son smartphone et déposer le colis dans un point B-Post. On a très peu de mauvaises surprises par rapport à des smartphones qu’on reçoit dans un très mauvais état par rapport à ce qui avait été indiqué.

En achetant un smartphone reconditionné plutôt qu’un neuf, on pollue beaucoup moins, on l’a compris mais avez-vous une estimation précise de l’économie énergétique réalisée ?

En moyenne, un smartphone neuf produit 50 kilos de CO2. Chaque smartphone qui rentre dans notre circuit et est reconditionné émet 10 kilos de CO2. C’est considérable : avec 100 smartphones, on arrive déjà à 4 tonnes de CO2 de différences. C’est l’équivalent de 12 à 13.000 kilomètres parcourus en voiture par exemple. Et on ne parle que de 100 smartphones. Il faut savoir qu’il y a 3 millions de smartphones neufs vendus en Belgique chaque année. Nous sommes une jeune entreprise mais nous avons de grandes ambitions pour collecter le plus possible pour rendre ce marché le plus responsable possible.

Infos : https://www.asmartworld.be/

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